Le succès d’une femme peintre de la Renaissance

Artemisia Gentileschii (1593-1652) est une artiste peintre italienne du Caravagisme. 
C’est son père qui l’éduque dans son atelier, au même titre que ses 5 autres soeurs. À l’époque, seules les femmes filles de peintre ou épouses de peintre pouvaient avoir accès à un atelier de création et aux études de modèle.
S’inspirant du Caravage – qui est un ami de son père et accepte de conseiller la jeune artiste, elle devient vite une peintre de cour à succès, sous le patronage des Médicis et de Charles 1er d’Angleterre.

Une femme peintre renommée en Europe

Remarquablement douée, elle est aujourd’hui considérée comme faisant partie des premiers peintres baroques et des plus accomplis. 
Elle arrive à s’imposer par son art, et à en vivre, à une époque où les femmes peintres ont bien du mal à pouvoir pratiquer leur art, se faire reconnaitre et en recevoir des rentes. 
Elle est également l’une des premières femmes à peindre des sujets historiques et religieux, dans des scènes tirées de l’histoire biblique où elle n’hésite pas à représenter la violence, la bravoure, l’affirmation de soi ou des corps de femmes nues. Giorgio Vasari définissait ce que devait peindre une femme artiste : rester douce et chaste, ne pas peindre ce que les hommes peignent, choisir des fleurs et des enfants…

Florence, Rome, Venise, Naples et même Londres, Artemisia voyage et peint. Elle vivra presque centenaire, un exploit au XVIème et XVIIème siècles. 
C’est Roberto Longhi qui fera sortir Artemisia de l’oubli en publiant un ouvrage la concernant en 1916. 
Roberto Longhi (1890 –1970) est un historien de l’art italien célèbre par ses études sur Veneziano, sur Brugghen, sur Le Caravage, Velasquez, Masolino, Masaccio et plus particulièrement sur Piero della Francesca (étude célèbre parue en 1927).