Devenir collectionneur d’art en 5 leçons

Sarah Dahan a écrit un excellent article dont voici un large extrait ci-dessous.En 2013 et 2014, le marché de l’art contemporain a connu une hausse de 40 % et atteint 1,5 milliard d’euros.  En 2013, le marché de l’art contemporain en Chine s’élevait à lui seul à 730 millions d’euros. D’ailleurs, sur les cent artistes les plus cotés du classement 2014 d’ArtPrice, 47 étaient chinois (Zhang Daqian a détrôné Picasso en tant qu’artiste le plus cher du monde dès 2011). L’occasion de devenir collectionneur ? Guide pratique en 5 points.

1. ACHETER SUR LA TOILE

Selon The Guardian, la vente d’art en ligne représentait 1,89 milliard d’euros en 2014 et devrait doubler en 2018. Il existe plusieurs dizaines de sites d’art en ligne: parmi eux la référence Artsy, mais aussi Artshark, Artsper et Paddle 8 ou encore le nouveau venu français My Web Art.

2. TRAÎNER SUR INSTAGRAM

Le réseau social permet aussi à une nouvelle communauté de collectionneurs d’avoir un accès inédit à l’art. Ce tte pratique est plébiscitée par les débutants autant que par les collectionneurs comme Alberto Mugrabi, le fils du collectionneur israélien José Mugrabi. Par le biais du réseau social, les artistes n’ont plus besoin d’être exposés ou adoubés pour espérer vendre leur art: ils créent une relation directe avec leurs clients. L’artiste américaine Ashley Longshore l’a compris ne vend ses oeuvres que sur Instagram. À 25.000 € pièce minimum, ses toiles sont achetées par Blake Lively ou par la marque Chloé.

3. SPÉCULER SUR MY ART INVEST

Crée en 2011 par le financier français Tom-David Bastok, le site My Art Invest propose d’acheter et de revendre des parts d’oeuvres d’art, allant du jeune artiste prome tteur à Jeff Koons. « Mon site permet aux gens qui ont peur de rentrer dans une galerie de pénétrer dans le monde de l’art en un clic », dit-il. Bastok offre à l’acheteur la possibilité d’avoir l’oeuvre chez lui pendant un mois dès qu’il en détient 25 % des parts. Selon lui, le rapport au client n’est pas différent de celui d’une galerie « classique »: « Nos clients sont notre préoccupation numéro 1, nous leur proposons de bons investissements mais nous sommes à l’écoute de leurs envies et de leurs désirs. » 

4. CONSULTER ARTRANK

ArtRank a été crée en 2012 par Carlos Rivera, 27 ans, un ancien galeriste de L.A. C’est une base de données qui permet de découvrir des artistes émergents suivant un algorithme qui analyse selon plusieurs critères, comme la visibilité, les résultats d’enchères ou les galeries qui les représentent. L’abonnement coûte 2.900 $ par trimestre et vous permet d’avoir accès à un stock d’informations primordiales sur les artistes et les oeuvres (de 5.000 à plusieurs millions de dollars) le plus en vue du moment, deux semaines avant le commun des mortels. Loin d’être uniquement obsédé par la spéculation, Rivera explique à GQ la genèse du projet: « Je veux éduquer les collectionneurs quant aux manipulations d’un marché de l’art qui est soumis à des cotes plus ou moins justifiées. Je veux de la transparence. »

5. RETOURNER À L’ÉCOLE

Il est parfois nécessaire de retourner à l’école pour devenir un collectionneur chevronné. Une université de Hong Kong, HKU Space, s’est associée à Central Saint Martins et à Art Basel pour proposer depuis janvier un module, limité à 25 étudiants par an, qui apprend à constituer et à gérer une collection, ainsi qu’à détecter les nouvelles tendances.