Savoir rédiger pour être lu

Écrire pour les médias comporte un objectif très opérationnel.
Abandonnez à tout jamais l’idée de faire des effets de style ou de pondre des métaphores seules utiles aux écrivains.
Écrire pour les médias signifie répondre aux besoins d’un lecteur. Or ce lecteur consacre un certain temps pour venir chercher de l’information et non pas se détendre par un moment de lecture.
Il ne s’agit donc pas de bien écrire mais d’écrire efficacement.
Et rédiger est à la portée de tous si vous développez une méthode et faîtes preuve de bon sens.

Écrire, c’est écrire à quelqu’un.
L’objectif est toujours le même :
· établir un contact pour transmettre un message.
La difficulté réside dans le fait que les cibles de vos messages n’ont pas tous les mêmes profils.
Vous avez donc besoin dans un premier temps de classer vos destinataires en catégories spécifiques.
A partir de ces catégories, identifiez et listez les centres d’intérêt de vos futurs lecteurs : ce qui retient leur attention et ce qui les motive.
Un journaliste ou un responsable de relations publiques, un dirigeant d’entreprise ou un décideur dans une Fondation n’ont pas les mêmes réflexes ni les mêmes attentes et besoins.
Vous choisirez alors vos arguments, vos exemples, votre vocabulaire en fonction de vos cibles.

Règle n°1 : pas d’écrit professionnel
sans analyse préalable des différentes cibles

Quelques règles essentielles sur la structure de l’écrit
Qu’est-ce qui agit sur le lecteur et lui donne envie de vous lire ?

—————————

Faîtes cet exercice avant de lire la suite.
Prenez un magazine.
Feuilletez-le et cornez les pages que vous auriez l’intention de lire.
Puis répondez à ces questions.
Pourquoi avez-vous choisi ces pages ?
La présentation de l’article vous a plu ?
Le titre vous a intrigué ?
Vous avez été interpellé par l’intertitre ?
L’illustration qui l’accompagne vous a séduite ?
Le sujet vous intéresse ?
—————————

En fait, même si le sujet vous intéresse, vous constaterez que c’est loin d’être la raison première qui explique votre choix.

Quels sont alors les éléments qui ont produit cette impression favorable ?
Comment ces pages ont pu retenir votre attention et vous donner envie de lire l’article ?
On entend souvent dire qu’on n’a jamais deux fois la chance de faire une bonne première impression.
Avant la lecture et l’analyse, la mise en page provoque cette première impression. Un texte écrit d’un seul bloc dans de petits caractères serrés rebutera le lecteur, même s’il est bien structuré et compréhensible,.
Soignez donc votre texte pour le rendre plus agréable à la lecture.
Et tout d’abord, aérez le texte.
Donnez de l’air à notre lecteur pour qu’il puisse respirer.
Si son mode de lecture est visuel, il en appréciera la clarté.
Si son mode de lecture est auditif, c’est à dire passe par une lecture mentale à voix haute (et c’est la manière de lire de plus de 80% de la population), il pourra respirer aisément.
S’il est sensitif, il sera attiré par la facilité de lecture.

Comment aérer un texte ?

  • en réduisant à 15 mots maximum la longueur de chaque phrase,
  • en passant fréquemment à la ligne,
  • en faisant des énumérations,
  • en mettant en valeur des mots ou des phrases,
  • en détachant des paragraphes,
  • en faisant varier leur longueur,

en les reliant par des intertitres.

Règle n°2 :
donnez envie de vous lire
par une mise en page agréable et aérée

La pyramide inversée

Votre lecteur est pressé.

Son temps de lecture est limité.

Il cherche des solutions, des informations.

Une technique d’écriture est celle que l’on appelle le plan en pyramide inversée.

Le plan en pyramide inversée présente l’information par ordre d’intérêt décroissant.

Du plus simple au plus compliqué… du plus concis au plus détaillé… etc.

Pour appliquer le principe de la pyramide inversée, rédigez l’article en commençant par répondre aux questions suivantes :

· Qui est concerné ?
· Quel est le problème ?
· Comment le résoudre ?

Puis vous résumez votre solution et la déplacez vers le haut de votre texte.

Cette conclusion présentée dès le début de votre article est le moyen le plus efficace pour attirer et conserver l’attention de votre lecteur qui cherche des résultats.


Règle n°3 :
présentez votre argument majeur
au début de votre message

Titre et surtitre pour appâter votre lecteur

Si vous analysez la présentation habituelle des articles dans les magazines, vous constaterez la présence de titres et surtitres dans la pagination.

Le surtitre se place au-dessus du titre généralement en caractères plus petits.

Même s’il n’est pas indispensable, il peut jouer un rôle essentiel pour attirer l’attention du lecteur.

Le surtitre structure l’information en répondant aux questions :
1. Quoi ?
2. Comment ?

Le titre a un rôle plus important que le simple fait d’informer. Plus qu’informer sur le contenu, le titre doit accrocher.

Reprenez votre magazine.

Qu’y trouvez-vous ?

Des titres qui donnent à la fois le thème de l’article, le ton et sa finalité.

Il s’agit d’annoncer la couleur.

Il est nécessaire d’aller droit au fait.

Donnez au titre un message essentiel, comme l’avantage d’un bénéfice, d’une économie, d’un résultat.

Cette promesse d’un gain sera justifiée par l’article qui en apportera la démonstration.

Règle n°4 : soignez vos titres
pour intéresser d’emblée votre lecteur

L’introduction sous forme de chapeau (ou chapô)`

Le chapeau est le paragraphe qui est placé sous le titre.

Il résume l’article et éveille la curiosité du lecteur. Le chapeau est censé donner envie de lire l’article en entier.

Ces premières phrases sont donc essentielles.

Elles permettent au lecteur de connaître d’emblée le sujet traité et de juger de sa pertinence par rapport à son besoin d’information.

Le chapeau est donc l’antichambre de l’article.

Il doit être tonique et accrocheur.

Règle n°5 : suscitez intensément
l’intérêt de votre lecteur dans votre introduction

Les intertitres

Les intertitres marquent le chemin vers l’objectif que vous avez assigné à votre article.

Ils sont courts — 5 ou 6 mots maximum.

Ils structurent votre propos et font progresser la lecture dans la cohérence.

Le lecteur jouant à saute-mouton en balayant le texte, passant du titre aux intertitres,

ceux-ci ont donc un rôle important à jouer :

  • ils accrochent l’attention du lecteur,
  • ils facilitent la lecture en jalonnant son itinéraire,
  • ils le renseignent sur l’essentiel,
  • ils permettent une lecture sélective.

Les intertitres servent aussi à relancer l’intérêt pendant la lecture.

Ils peuvent renseigner sur le contenu du texte qui suit mais doivent avant tout piquer la curiosité du lecteur.

L’intertitre devient alors, moins informatif, plus créatif.

Règle n°6 :éclairez le chemin de lecture
par des intertitres nombreux


La conclusion conclusive

Dans cette conclusion, reprenez tous les avantages que vous proposez.

Cette répétition ne nuira pas.

Bien au contraire : elle va ancrer votre message dans la mémoire du lecteur.

Puis incitez le lecteur à passer à l’action :

· invitez-le à prendre contact
· proposez-lui une documentation
· suggérez une visite
· invitez à remplir un formulaire

Règle n°7 : concluez
en récapitulant tous les avantages
et provoquez une prise de contact directe

publié la première fois pour ANV

septembre 2008