Une âme à partager, pour Voir

«L’art est l’art, la nature est la nature, il est impossible de l’améliorer… Les images doivent être inspirées par la nature, mais réalisées dans l’âme de l’artiste, c’est l’âme de l’individu qui compte.» Elle écrivait beaucoup et en 1941 a même reçu le Prix littéraire du gouverneur général pour Klee Wyck. C’est près de la soixantaine qu’elle obtint un début de reconnaissance. Quel dommage qu’on attende la mort pour se souvenir de nos trésors. Elle disait aussi : «Plus que jamais, je suis persuadée que la façon traditionnelle de représenter notre pays ne peut véritablement exprimer sa majesté, sa grandeur, ses contrées sauvages et ses étendues silencieuses – des millions de caméras avec leurs mécanismes ne sauraient dépeindre le Canada tel qu’il est. pour ce faire, il faut vivre et aimer notre pays au plus profond de notre être.» Décrite comme individualiste, débrouillarde, audacieuse, indomptable : des traits de caractère qui parlent de courage et de survie d’une certaine manière. Ses deux parents meurent lorsqu’elle est adolescente et c’est ce qui va la mener vers d’autres contrées dans une quête d’espace mais aussi d’identité que l’on retrouve comme un filigrane tout au long de ses créations. Elle adorait les chiens et vivait du crochet plutôt que de ses toiles ou de ses totems. Elle reste liée à la vision de Lawren Harris, chef du Groupe des Sept, témoignant que la peinture de paysage doit donner un sens d’identité nationale et que cette révélation indispensable à la maturité intègrera la spiritualité. Une âme à partager en parcourant cette exposition… une façon de laisser émerger le rebelle et le pionnier. À ne pas manquer.