On se met le doigt dans l’oeil, pour VOIR

Nicolas questionne : La ruine inévitable des empires est-elle un concept qui consolera ceux qui, dans le présent, sont dominés par des pouvoirs économiques ou militaires ? Non. Mais ceux qui regardent l’art dans les galeries contemporaines font partie de cette élite nantie bien-pensante. Et dans ce sens, il est bon de leur rappeler l’éphémère de ce pouvoir économique et social qui semble pourtant injustement tout-puissant pour une petite poignée d’hommes. Même les journalistes sont muselés dans leur expression, englués dans les réseaux des instances politiques dominantes – peut-on vraiment dire aujourd’hui ce que l’on pense des présidents des pays industrialisés sans risquer une chute déplorable (au propre parfois comme au figuré) ? Si nous croyons que – parce que nous avons accès à la culture et à la communication, nous somme libres de nous exprimer, on se met le doigt dans l’oeil. Seul l’art garde encore le pouvoir de dire les choses indicibles, de les dire avec un regard qui peut se permettre d’être cynique, authentique ou onirique… être un oeil qui montre du doigt. Pierre Beaudet disait en 2003 : « Depuis le 11 septembre 2001, le monde semble avoir basculé. Quelques jours après les terribles attentats du World Trade Center, le président Bush lançait : « Vous êtes avec nous ou contre nous. » Peu après s’amorçait la guerre en Afghanistan. De Kaboul à Bagdad, le chaos soulève bien des questions. Mais jusqu’où ira l’administration Bush ? » Et il dirait probablement la même chose en janvier 2006… John Gossage présentait une exposition au CCA du 11 décembre 2003 au 8 février 2004 dont l’intitué était EMPIRE. Que disait-il à l’époque ? La même maudite affaire ou vraiment quelque chose de différent ?… Il serait intéressant de pouvoir les comparer. Mais l’art reste pour moi un des seuls langages qui permet de dire au-delà des mots, des langues, des linguistiques. En ce sens il est véritablement un acte social (conscient ou pas).