L’art de la rue se pratique-t-il dans la rue, pour Voir

L’art urbain est censé se pratiquer dans la ville, l’art de la rue dans la rue. La dernière manifestation NUIT BLANCHE SUR TABLEAU NOIR était un événement de création d’art urbain dans la rue (avenue du Mont Royal) puisque les artistes planchaient sur le bitume même, sur l’asphalte à grands coups de rouleaux et pinceaux à la gouache liquide. La pluie battante a effacé ses oeuvres pour le moins éphémère mais surtout le silence médiatique entourant l’événement aura vite effacé la fête des mémoires citadines. L’art de la rue exige une confiance inébranlable, le risque de créer pour quelques jours – en ce cas, quelques heures…, le courage de donner de soi sans espoir de retour, simplement pour l’acte de créer. L’art de la rue a ceci de commun qu’il veut toucher les gens de la rue, qu’il veut déplacer l’art vers le grand public plutôt que tenter de déplacer le grand public vers les lieux d’expositon de l’art. L’art de la rue parle un langage accessible, compréhensible, celui de la rue. L’art de la rue utilise la rue comme contexte… pour se faire connaître et reconnaître. La rue le lui rend-elle ? À quoi sert l’art ? à quoi sert l’artiste ? questions sans cesse renouvelées qui hantent les artistes et les arts. C’est pour cela qu’un artiste affirme / déclare / décrit \ définit sa démarche artistique (si tant est que l’artiste a vraiment une démarche artistique pensée). À quoi veut servir un artiste qui crée dans la rue, sur la rue, sur les murs ou sur des planches à roulette (encore que la création sur planches à roulettes ne me semble pas un art de la rue) ? Nadia Nadèege, artiste interdisciplinaire (démarche artistique sur demande ou sur son site) Réalisations d’art urbain sur la site de Nuit blanche sur tableau noir.