FAITES DE VOTRE VIE UNE BANDE DESSINÉE !

Vous proposer de vous parler de bande dessinée vient de l’occasion de ma participation à l’événement Nuit blanche sur tableau noir qui se déroulera le 7 juin prochain (si vous êtes à Montréal, passez me voir sur Mont Royal entre 22h et 2h du matin et profitez-en pour visiter mon exposition solo au Café Expressions 957 Mont Royal Est sur la thématique du café.

Site de Nuit Blanche : http://www.tableaunoir.com/home.php

Nuit blanche propose cette année que la vingtaine d’artistes participants s’exprime par une bande dessiné sur bitume autour du thème du colporteur et du titre PAS DE COLPORTEUR !
Ce qui m’a amené à proposer un projet de valise et une histoire illustrée. J’avais déjà travaillé en BD comme un exercice de narration rapide et visuelle qui fait ressortir rapidement l’essentiel du message que l’on veut passer à son auditeur ou à son spectateur.

Ma création est titrée « Comment ça, pas de colporteurs ! » et décrit le colporteur sonnant à la porte sourire aux lèvres… jusqu’au moment où il se retrouve en voyant 36 chandelles !!!
La bande dessinée est à la fois littéraire et graphique. Souvent le résultat d’un duo entre un auteur et un graphiste. Mais travailler en bande dessinée pour préparer une œuvre ou pour renouveler sa création en arts visuels est un exercice extrêmement stimulant.

Une histoire est racontée grâce à des images, des dessins, accompagnés généralement d’un texte, souvent dans une bulle. L’histoire racontée tient en une ligne ou en plusieurs albums. Raconter une histoire demande de comprendre une chronologie.

Un exercice qu’on peut réaliser seul avec papier-crayon à moindre coût et pour un rendement maximum.

Se raconter une histoire pour toucher au cœur de sa création est une démarche intéressante et va vous servir de miroir réfléchissant concernant votre phase de création.

On n’écrit pas un livre ni son autobiographie, on ne cherche pas ses mots pour construire un discours lisible, on ne fait même pas une œuvre (je vous conseille de garder pour vous vos croquis).

La démarche consiste en fait à dessiner rapidement l’essentiel, et à lui mettre une légende. Il peut ne pas y avoir de texte aussi. J’ai ainsi pris deux dessins réalisés il y a une dizaine d’années pour les faire se rejoindre dans une séquence rythmée.

Une petite fille tient la main d’un vieux monsieur courbé la canne à la main. Un couple (un homme et une femme jeunes) regardent un oiseau s’envoler. Entre les deux, que pouvait-il se passer pour mon imaginaire ?

J’ai ainsi créé une dizaine de planches sans légende mais dont on peut suivre l’évolution des personnages. L’interprétation est la responsabilité de celui qui les lit… comme pour n’importe quelle œuvre d’art visuel.

Mais – comme pour toute histoire, il vous faut prendre conscience du sujet (vous par exemple comme le héros principal), de ses interactions avec d’autres personnages (des humains, animaux ou objets), du déroulement du temps et de la mise dans un espace.

Voilà que l’exercice vous fait prendre de la distance et que son effet à « thérapeutique » débute : sur l’histoire que je voulais raconter en un épisode de 4 cases concernant mon thème de colporteur, il m’a fallu me remémorer mes propres expériences de vendeur de porte-à-porte et les histoires autour des marchands ambulants.

D’origine française, les marchés faisaient partie de mon enfance au quotidien et les crieurs de rue (« Viiiiiiiitrier ! ») et représentants d’aspirateurs traversaient les quartiers et sonnaient aux portes des femmes aux foyers. Toutes nos sources imaginatives puisent ainsi à nos quotidiens.
Et notre BD personnelle peut remplir des cahiers à spirale. Un dessin pour chaque mouvement du personnage, un dessin pour chaque rencontre, un dessin pour chaque revirement de situation.

Si vous commenciez à dessiner rapidement votre vie quotidienne chaque matin, vous pourriez voir se dérouler vos sources inconscientes de création par la relecture de vos notes au bout d’un mois !

Il vous suffit maintenant de papier et de crayon… Amusez-vous bien.

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UNE EXPOSITION BD À LA CARTE
BD à la carte Par le collectif Enfin Libre – présenté cette semaine pour une exposition autour de l’univers de la bande dessinée « Le Fluink ».
Pour cette soirée : un concept original, entre le spectacle et la « performance », propose à un public de devenir acteur d’une BD qui se fabrique en direct sous ses yeux…
Le contexte initial de l’histoire est donné : personnages principaux, situation de départ. Dans les gradins, le public fait vivre les personnages.
Divisé en plusieurs groupes, chacun incarne un personnage et doit décider de ses actions et réactions face au contexte et aux décisions des autres personnages.

Sur la scène, un animateur aide le public à faire des choix qui rendront la BD intéressante et cohérente. Il travaille avec le dessinateur et le scénariste qui transcrivent les idées du public en BD.

Leur travail est retransmis en direct sur écran géant qui permet au public de suivre le déroulement de l’histoire. Chacun peut recevoir sa BD par courriel, une BD dont il est, en partie au moins, le scénariste !

Pour en savoir plus : www.le-fluink.net.

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Anatomie d’une bande dessinée (tiré de Wikipédia)

Les amateurs s’entendent sur un certain nombre de mots et de définitions pour décrire les différents éléments dont sont composées les bandes dessinées.
la case est une vignette contenant un dessin. À noter qu’une bande dessinée n’a pas forcément de case.

le strip (de l’anglais : « bande ») ou bandeau est une suite de cases, disposées sur une ligne.
la planche est un ensemble de cases, souvent disposées sur plusieurs lignes. On applique généralement le mot planche au document original. L’auteur numérote souvent sa planche discrètement dans un coin de celle-ci. La numérotation des planches n’est pas nécessairement égale à la numérotation des pages de l’album dans lequel elles paraîtront.
les bulles ou phylactères sont des textes intégrés aux vignettes, destinés à la transcription des dialogues des personnages de l’histoire. Les bulles sont souvent rondes (d’où leur nom) et parfois rectangulaires. Pour les pensées ou les rêves, elles ont souvent une forme de nuage. La « queue » de la bulle désigne le personnage qui parle.
les récitatifs sont des panneaux généralement situés au bord des vignettes et servant aux commentaires en « voix off », notamment pour donner des indications de temps et de lieu (« Au même instant à Moulinsart… ») ou pour fournir des informations permettant une meilleure compréhension de l’action (« Linda ignore qu’Alan a survécu à sa chute »). L’auteur de Blake et Mortimer, Edgar P. Jacobs, a beaucoup utilisé de récitatifs pour ses albums.
un album est un recueil de planches qui peuvent appartenir à une même série, à un même auteur, ou à un même thème (albums collectifs). On parle typiquement d’album pour les recueils cartonnés et reliés dans un format proche du A4, on qualifie souvent les albums plus petits et reliés par des agrafes de comics (de comic book).
Une série est un ensemble d’albums reliés par un thème ou un personnage, parfois dans un ordre chronologique.

Processus de création (tiré de Wikipédia)

Bien que les étapes de la création d’une bande dessinée dépendent des artistes et des œuvres, un cheminement général peut être évoqué :
synopsis : histoire ou idée originale ou inspirée d’une œuvre existante (littéraire ou cinématographique, par exemple).
scénario : traitement détaillé de l’histoire. Il précise, planche par planche, le découpage de l’action, la position des personnages, et présente les dialogues.
recherche graphique : Le dessinateur travaille au style général. Il crée les personnages principaux et l’environnement dans lequel ils évoluent.Si le lieu et l’époque existent, ou ont existé, un travail de recherche de matériel typographique et iconographique est effectué. Si l’univers de l’histoire sort de l’imaginaire de l’auteur, les recherches sont beaucoup plus orientées vers du design graphique.
mise en page: choix des points de vue, des cadrages et de l’agencement des vignettes dans la planche ;
crayonné : première ébauche proprement dite du dessin. A partir de cette étape, le travail s’effectue généralement sur un support plus grand que celui de la planche imprimée
encrage : opération consistant à redessiner à l’encre les contours du crayonné et les ombres afin de donner au dessin un trait définitif. Au final, seul ce tracé sera imprimé. Les décors et les phylactères sont aussi ajoutés et positionnés lors de cette étape. Ils ne sont pas toujours présents, où alors de manière succincte, dans le crayonné.Certains auteurs encrent directement sur le crayonné, qu’ils éliminent ensuite en gommant. Perdant ainsi toutes traces de cette étape. D’autres utilisent un calque transparent placé par dessus le crayonné.
mise en couleur : opération qui consiste à choisir et appliquer la couleur aux différentes zones délimitées par les traits encrés (personnages, décors, vêtements), tout en respectant la continuité des couleurs au fil des planches. Le coloriste doit aussi définir les lumières et les ombres du dessin. La mise en couleur dite traditionnelle est effectué sur une tirage particulier de la planche, appelé « bleu« , où les traits noirs de l’encrage sont imprimés en bleu-gris clair.Par le passé cette tâche était faite à l’aquarelle appliquée au pinceau et à l’aérographe; de nos jour elle est effectuée par informatique. Les couleurs sont de plus en plus réalisées par des professionnels, les coloristes et parfois par le dessinateur lui-même.
couleur directe: l’encrage et la mise en couleur peuvent être réalisés lors d’une étape unique, à la manière d’un peintre.
lettrage : le texte des dialogues et commentaires est encré en l’alignant dans les espaces laissés à cet effet lors de l’encrage de la planche. L’opération est répétée pour chaque langue dans laquelle l’histoire est publiée.

En fonction de l’œuvre et de l’artiste, la même personne peut réaliser tout ou une partie du travail de création : scénario, dessin, encrage. Le plus souvent le travail est partagé entre un scénariste et un dessinateur. Certaines étapes plus spécifiques, telles que le lettrage et la mise en couleur, peuvent être laissées à des spécialistes.

Enki Bilal, par exemple, est un artiste complet. Scénariste et dessinateur, il travaille en couleur directe. Il a aussi la particularité de dessiner les cases sur des feuilles séparées, ce qui lui permet de les agencer à loisir sur la planche.

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par Nadia Nadège
première publication dans Info Art