Recherche sur Art agronomique ou « Earth Art » ou « Land Art »

Présentation brève de ce qu’est l’art agronomique ou « Earth Art » ou « Land Art »

Diverses sources sur Internet ont été utilisées pour composer cet article d’information générale

FIN DES ANNÉES 60

Arte Povera qui signifie, littéralement, art pauvre, en référence à un groupe d’artistes, principalement italiens, qui incorporèrent des matériaux conventionnels -d’origine industrielle, organique ou d’un usage quotidien- à des oeuvres tridimensionnelles pour ainsi souligner le conflit entre ce qui est naturel et ce qui est création de l’homme.

Mario Merz, un des principaux artistes Povera, utilise du verre, des tuyaux métalliques, des branches, de l’argile et des vis et combine de façon délibérée des matériaux industriels comme le charbon et le fer, en les disposant sur le mur comme des peintures, utilise la forme sphérique de l’igloo -une habitation provisoire- pour refléter sa vision de l’artiste : · qui se déplace comme un nomade · agit comme un médiateur entre art et culture · communique son refus de l’uniformité de style · fusionne matériels organiques et inorganiques pour symboliser la nature imprévisible et changeante de la création

Le LAND ART ancestral
http://maget.maget.free.fr/land art /landart.html – un ·

Grandes statues de Memnon à Thèbes Bouddhas géants de Bamian, en Afghanistan, Monolithes de Stonehenge, Pyramide à degré de Zozer à Saqquarah, en Egypte, Observatoires de Jaïpur, en Inde… L’homme a depuis toujours façonné le paysage

Lorsqu’on aborde les lignes du désert de Nazca, au Pérou, les géants de Cerne Abbas ou de Willington, le cheval blanc d’Ufflington, tous trois en Angleterre, ou les gravures de la vallée des merveilles au nord de Nice, nous nous trouvons devant des figures énigmatiques mais édifiées pour elles-mêmes.

Le Land Art n’a en fait rien de contemporain puisqu’il emprunte aux cultures premières créant une nouvelle forme de primitivisme. Le Land Art est alors davantage une expression qu’un mouvement, une expression pour dire en Art une façon d’être, de se confronter aux cieux. L’artiste endosse alors un rôle d’intercesseur, plus implicite que revendiquée, qui s’ajoute à celle de pionnier, d’explorateur, d’ermite : LAND ou EARTH peut exprimer aussi bien la terre (ground) que l’on cultive ou parcoure, que le pays (nation) à découvrir.

Le territoire du Land Art est donc par essence global, ouvert et infini. Dans son récent essai  » En chemin, le Land Art  » Anne-Françoise Penders développe longuement le thème de la sortie de l’atelier, déterminant dans la démarche des land artistesLes fondateurs de EARTH ART ou LAND ART L’exposition « 10 » en 1967 à New-York à laquelle participaient des artistes comme Robert Smithson, Sol LeWitt, Donald Judd, Robert Morris, Carl Andre et Ad Reinhardt. Est considéré comme l’origine de ce mouvement.

Nourri d’enjeux idéologiques et théoriques fortement accentués par la guerre du Vietnam (et la destruction lui étant lié), le Land Art est aussi un mouvement de contestation. L’expérience du constructivisme (Brancusi, Tony Smyth) et surtout du minimalisme (Donald Judd, Richard Wollheim) estcentrale pour les futurs acteurs du Land Art.Ces artistes cherchent à s’affranchir de toutes obligations, qu’elles soient d’espace ou temporelle, par la création d’œuvres instantanées et non reproductibles.

Il est aussi possible d’ancrer les racines du Land Art dans un mouvement comme Fluxus où les attitudes deviennent formes.Fluxus est l’un des mouvement majeur de l’art contemporain avec son pape (l’Américain Georges Maciunas), ses coordinateurs par continents (notamment le coréen établi en Allemagne Nam June Paik, mais aussi Robert Filliou en France), et ses articles de foi (conception anti-bourgeoise, fusion entre quotidien et absurde, ou encore fusion entre l’actionnisme occidental et philosophie orientale)…

De par sa volonté anti-commerciale et l’éphémère qui le caractérise, Fluxus ne doit prendre part ni au musée, ni au marché de l’art.Dans la mesure où tout art partirait du langage, le Land Art peut se rapprocher de l’Art Conceptuel, par son auto-analyse et cette attitude qui cherche à penser le phénomène artistique selon des normes entièrement neuves.

DIFFUSION DU LAND ART ou EARTH ART

Peu importe la manière dont est représentée l’œuvre, sa valeur n’existe qu’au moment de sa création, ce qui exige la photographie ou la télévision pour s’auto promouvoir. 2 questions peuvent être posées · celle de la transmission du Land Art comme art in progress, des traces filmiques des œuvres éphémères ou « entropiques » de Robert Morris, Denis Oppenheim, Robert Smithson, Christo, Michael Heizer, Nancy Holt ; · celle de l’entrée de ces films dans les registres télévisuels, par leur rediffusion.

L’œuvre de Land Art, dont les enjeux idéologiques et théoriques sont fortement accentués aux Etats-Unis, travaille sur des strates et des espaces qu’elle veut subvertir par l’invention de sites et l’inscription de traits, de brèches (le fuseau horaire d’Oppenheim), de spirales (la Spiral Jetty de Smithson) permettant des décadrages temporels radicaux

EARTH ART COMME UN LANGAGE

La variabilité des supports d’écriture pour ces expériences (livre, photographie, exposition, non-site, etc…) est une composante théorique importante de cet art, qui se conçoit comme une assistance poétique à l’œuvre du temps. Romantisme pour Denis Oppenheim :  » C’était une forme d’art qui était lié au Monde, à la terre même, qui était en dehors de tout atelier et avait de nombreux aspects romantiques.

Il n’y avait pas d’argent en jeu, on dématérialisait l’objet. Au fond, on réduisait la seule chose qu’on pouvait vendre à une simple photo, par exemple « .Virginia Dwan : héritière des exploitations minières et manufactures du Minessota, Elle fit des Earthworks un élément permanent de l’avant-garde à la fin de cette décennie (60) et plus qu’aucun des artistes bénéficiant de son soutien financier.

Le Land Art reste pourtant l’une des attitudes les plus abouties de « dépassement de la clôture marchande » bien que cette démarche ne trouve sa réalité qu’à travers un processus de financement qui reste soumis aux impératifs de rentabilité. Il existe fort peu d’informations quant aux coûts réels des œuvres.C’est un art du processus toujours inachevé et aussi éphémère que les saisons.

Les artistes du Land Art valorisent le temps de l’expérience de l’œuvre. Ce qui les caractériserait dans leur différence avec l’art moderne serait que les trois opérations  » exposition, information et enregistrement  » sont devenues solidaires dès la conception. Le mode d’existence de l’œuvre dépend de la puissance et de la capacité d’amplification du support enregistreur…

EARTH ART et territoire

Dans un colloque organisé par la revue Canadienne Espace, Gilles A. Tiberghien, utilise la notion de  » hors-champ « , empruntée au cinéma et la vidéo, pour appréhender les multiples aspects que peut prendre, dans la création contemporaine, la figure du  » paysage non-urbain  » qu’est la nature.

Le déplacement s’impose comme principe fondateur de l’œuvre, indissociable du processus créateur. Qu’il s’agisse d’un déplacement de matière, de celui de l’artiste ou encore du spectateur, il fonde l’œuvre en soi. Le voyage ou l’itinérance peut devenir site, l’itinéraire devenir le matériau voire un point d’ancrage.

Beaucoup d’artistes en EARTH ART ont fondé leur travail sur ce principe, tels que Richard Long, David Tremlett, Hamish Fulton et Jean Clareboudt. Il serait possible d’envisager pour eux l’expression de  » performances nomades « , et rejoindre par là le concept de  » Géopoétique  » développé par Kenneth White.

La géographie n’est pas seulement physique et humaine, mais aussi mentale, comme le paysage. Mais sortir des musées et des galeries, c’est aussi les prolonger, vouloir réinventer l’art. Le Earth Art n’est pas seulement un art du déplacement ou du paysage, il exprime une pensée critique des rapports de l’homme à la nature, manifestant ainsi une constante tension entre la volonté d’un dialogue avec l’espace et l’inexorabilité des lois de la physique.

On a parfois qualifié le Land Art  » d’art environnemental « , mais les réalisations de certains artistes transforment parfois les paysages avec violence, lorsque Robert Smithson déverse des mètres cubes d’asphalte dans une ou bien quand Michael Heizer entaille un ravin, scarifiant le site à la manière des entreprises de travaux publics. » Ce terme générique de Earth Art ou Land Art permet de regrouper des artistes très différents au moyen d’un certain nombre de paramètres formels et historiques.

Andy Goldworthy rangé dans la catégorie d’une  » famille d’artistes qui pratique ce que l’on pourrait appeler un art végétal « , explore différents lieux dans le monde et laisse ses sculptures, extraites de la nature et essentiellement éphémères.

Michel Blazy compose un Guide des mauvaises herbes et fait croître en intérieur, des végétaux sur des surfaces sans profondeur.Jan Kopp, en 1993, a planté 28 millions de graines de coquelicots sur la butte d’un terrain vague à Ivry (France)Annie Thibault (Montréal) a cultivé des moisissures dont les couleurs et la texture se transformaient sous les yeux des visiteurs.

Sylvie Fraser travaille avec des herbes, des fleurs et de la mousse. Comme les semences, plantées dans de grands bacs, continuaient à pousser pendant la durée de l’exposition, les images de départ se sont retrouvées complètement transformées. Au début, la culture envahit la nature, puis la nature reprend le dessus sur la culture et la fait disparaître.

Plus proche du Earth Art, le travail de Mel Chin concerne des sites pollués où il fait pousser par phytoremédiation des plantes capables de se nourrir de produits toxiques.EartH Art : Champ Art ou art agronomique

Sous l’impulsion de l’Association des producteurs de maïs (AGPM), Nil Udo a créé en 1994 une vaste spirale composée de différentes variétés de maïs. L’œuvre fut réalisée sous les conditions et avec les méthodes de l’agriculture actuelle. Sculpture vivante, elle s’est étalée dans le temps et dans l’espace, en exposant la nature et le travail de l’homme sur cette nature.

Les compositions agricoles de Jean-Paul Ganem impliquent l’adhésion d’acteurs très différents. Visibles depuis les avions en phases d’atterrissage et décollage sur le doublet nord de l’aéroport Roissy-CDG, ses  » Articulations « utilisent des semences choisies en fonction des couleurs attendues : la phacélie pour le violet puis le noir, la moutarde pour le jaune, des variétés de blés pour les nuances de vert, la terre laissée nue pour les tons de bruns…

Les  » Champs d’art du Lauragais  » (qui associe plasticiens et agriculteurs pour mettre en scène le paysage) veulent favoriser une fréquentation touristique nouvelle destinée à percevoir, lors de randonnées guidées, les sites sous un angle esthétique.

Le Centre d’Art Contemporain de Vassivière (en Limousin) a conçu avec le peintre Jean-Paul Fane, et l’aide enthousiaste de deux agriculteurs, des figures de plus de 10 ha chacune avec l’invention de formes sur de grandes surfaces cultivées et les événements biologiques de la croissance des plantes.

Ces  » installations agronomiques « , qui se situent à la frontière de l’art et du travail des paysagistes, rappellent certaines des créations que James Pierce commença à partir 1972 dans le Maine, à la  » Pratt farm « , et dont la plus célèbre reste probablement  » Earthwomen « . Face contre terre, mesurant 10 m de long pour une hauteur d’1,60 m, ce corps de femme végétal, orienté vers le couchant du solstice d’été, change naturellement d’aspect au cours des saisons.

James Denevan qui travaille dans la tradition du Earth Art dit que le fait d’assister à ses créations est peut-être encore plus important que le spectacle des œuvres qu’il laisse derrière lui : il trace d’immenses dessins sur le sable des plages de Los Angeles en conjuguant la danse, le taï chi et la méditation.

Une œuvre de Christo ne peut exister qu’avec la coopération des gens parmi lesquels elle existe avec cette permission active des communautés impliquées.Avec l’artiste Nils Udo, des élèves ont construit un bateau de 15 m de long en sable sur une dune.Dans un monde occidental où 80 % de la population est citadine, le territoire urbain devient une autre nature La ville s’est transformée en support et outil d’expression.

L´élan entropique que Robert Smithson reconnaissait dans les nouveaux monuments se développe dans un art réalisé pour les parcs et les jardins publics. Les institutions réfléchissent aux connexions et aux transitions entre densité urbaine et espace vert, ainsi qu’à la complicité entre art et architecture.

Ce qui apparaît comme une grande rupture dans le rapport entre l’art et la ville, c’est que l’on a toujours utilisé l’art pour célébrer des éléments de la permanence. Aujourd’hui les artistes dans la ville travaillent fréquemment à la célébration de l’instant.L’expérience du Land Art est un laboratoire où s’élaborent en permanences de nouvelles pratiques, amplifiées par un nouveau mode de réception des œuvres.

C’est un Art planétaire = Earth ArtLa Terre spatiale Un certain nombre d’artistes électroniques ont travaillé sur la vision de la Terre depuis l’espace, ce que Frank White a appelé  » l’Overview Effect «  Dans leurs œuvres, Tom Van Sant, Joachim Sauter et Gloria Brown-Simmons s’intéressent à une visualisation de la Terre depuis l’espace.L’artiste s’intéresse à la Terre en tant qu’étendue planétaire à visualiser.

Dans une opération esthétique il donne à voir la Terre en s’appuyant sur les données les plus diverses (démographiques, économiques, sciences de la Terre, etc.). Des phénomènes d’envergure planétaire, tels que les migrations de population ou la pollution environnementale par exemple, sont visualisés géographiquement.

Les artistes dans ces œuvres aspirent à voir des phénomènes invisibles dans leur inscription spatiale, tels que les processus globaux. Ils aspirent aussi à voir celle qui nous est toujours invisible et qui est si difficile à décrire pour cela : la Terre elle-même. Rendre visible quelque chose pour y lire et contempler un ordre et de ce fait s’y intégrer et lui appartenir.

La Terre virtuelle Un autre ensemble d’œuvres ont pour thème la connectivité et le réseau expérimenté comme le centre nerveux des humains et de la planète. Une bonne partie de l’art de la communication : Fred Forest, et de l’art réseau : Roy Ascott travaillent sur cette problématique.

Ces œuvres mettent en scène une  » création partagée  » à l’échelle planétaire. L’artiste désire se sentir immergé dans des réseaux planétaires, participer à une création collective qui le dépasse très largement, expérimenter le réseau qui fonctionne d’une certaine manière de façon autonome, en soi, et qui embrasse la planète.

D’assise géographique, la Terre planétaire est devenue une idée. Elle est dématérialisée. Elle n’est plus visualisée. Nous sommes en relation avec l’idée du planétaire. Le rapport au planétaire est à nouveau, comme dans le cas précédent, de nature idéelle.

La Terre vivante Shin’ichi Takemura et le collectif japonais Sensorium expérimentent la planète comme entité terrestre vivante. Ils s’intéressent à la Terre en tant qu’elle est un corps à sentir. La Terre vivante est appréhendée par les sens humains. La sculpteuse Lorella Abenavoli entreprend un travail qui vise à transformer les ondes sismiques de la Terre en sons, lui permettant d’éprouver, selon ses dires, le  » corps terre « La Terre des navigateurs Stephan Barron s’intéresse à la Terre en tant qu’elle est une étendue planétaire à habiter.

Le spectateur voit au-dessus de sa tête par une fenêtre le ciel de l’endroit où il se trouve et sur un écran TV (situé en dessous de lui et tourné vers le ciel) un ciel électronique constitué de la moyenne de la couleur du ciel au dessus de lui et d’un autre situé à 1000 km au sud. Ces œuvres, certes très différentes comparées l’une à l’autre, témoignent toutes d’un nouveau rapport expérimental à la planète. Elles montrent que des artistes ont tenté de se  » réapproprier  » à leur manière le nouvel objet de la modernité qu’est la Terre planétaire.

Earth Art au Saguenay Le Festival TraficArt au Saguenay accueille l’artiste en Earth Art Reno Salvail (Québec) et Dominique Angel (France) durant l’été 2005 à la faille géologique du lac Frotet, dans la réserve d’Assinica. Le projet se divise en deux parties, une qui s’est déjà déroulé sur le territoire français, dans la Réserve géologique de Haute Provence avec le dessin de la constellation du lièvre, et une autre qui se développera près de la rivière Rupert, sur la faille géologique du Frotet, un des plus anciens site tellurique de la planète.

Reno Salvail marquera le territoire de sept réflecteurs symbolisant les sept étoiles du grand chariot de la Grande Ourse. Les réflecteurs seront positionnés de telle sorte que l’on puisse voir l’ensemble des sept à partir d’un avion et prendre des photographies de la Grande Ourse dessinée sur le sol.VOIR AUSSI OUT, IN THE OPEN (à ciel ouvert)Synthèse d’un mémoire de 3ème cycle universitaire Land Art en perspectiveTentative de re-composition d’une « mouvance »