L’EUROPE ET L’EURO POUR LES FEMMES D’AFFAIRES CANADIENNES

Voilà une opportunité non négligeable pour les femmes d’affaires nord-américaines des secteurs des services et de l’investissement financier. Les entreprises européennes ont besoin de se doter d’outils d’intégration, de moyens de communication transculturels et de réseaux de commercialisation performants au-delà des barrières linguistiques. Les québécoises ont l’atout de la langue française pour investir des bureaux parisiens et la connaissance en profondeur de ce qu’est l’intégration des cultures et des différences.

Le projet Euro-Canada 2002 s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant à renforcer les relations entre le Canada et l’Union Européenne. L’objectif est d’informer aussi largement que possible le milieu des affaires canadiens ainsi que d’autres cercles de la société canadienne professionnelle sur l’introduction de l’Euro et sur les possibilités d’échange de commerce et d’investissements transatlantiques qu’implique la mise en circulation de la nouvelle monnaie européenne.

L’ambassadeur Danielle SMADJA, Chef de la Délégation, souligne l’importance de l’Euro pour les Canadiennes. « Dans les quelques mois qui ont suivi sa mise en circulation, l’Euro s’est affirmé comme la monnaie courante de plus de 300 millions d’Européens. Les Canadiennes et les Canadiens qui traitent avec l’Europe, qui y investissent ou qui y voyagent ne sauraient sous?estimer l’effet positif de cette nouvelle monnaie. Les Européens l’ont acceptée avec enthousiasme. Ce remplacement de 12 monnaies par une seule non seulement s’est fait sans difficulté, mais en plus, il est évident que l’Euro facilite le commerce, les voyages et les relations d’affaires et individuelles de toute nature. Par ces conférences et ateliers de travail sur l’Euro, nous voulons donner aux Canadiennes et aux Canadiens les moyens de resserrer leurs liens avec l’Europe et d’exploiter encore mieux les possibilités qu’elle offre»

La conférence de Montréal a eu lieu le 25 septembre 2002, dans les locaux du Reine Elizabeth, face à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui regroupe plus de 7000 entreprises installées sur la grande île de Montréal, représentant 80% de l’économie québécoise.
Outre le fait d’apporter des informations sur l’adoption de l’Euro, sur ses conséquences immédiates et sur ses répercussions économiques générales pour le commerce, les investissements et les voyages transatlantiques, les conférenciers ont également présenté les perspectives actuelles et les défis à venir. Il est possible de faire des affaires dans une seule monnaie pour les nord-américaines.

Faire des affaires dans plus de 10 pays dans une seule et même monnaie va générer une plus grande transparence transactionnelle, moins de risques de taux de change et une meilleure prévisibilité pour les investissements et le commerce.
Les femmes québécoises visitant l’Europe pourront voyager d’un pays à l’autre sans avoir à changer de monnaie. Les chefs d’entreprise, les exportateurs, les PME, les fonctionnaires, les parlementaires, et les représentants du monde des affaires ainsi que les agences de voyage et les médias étaient présents lors de l’événement. La première partie du programme de la matinée se consacrait à des aspects financiers et politiques. Philippe MUSKAR, Chef de la Délégation de la Commission Européenne au Canada ouvrait la séance avec Svend Roed Nielsen, Son Excellence L’Ambassadeur du Danemark représentant la Présidence actuelle de l’Union Européenne. Jens Thomsen, membre du Conseil d’administration de la Banque Nationale du Danemark est intervenu ensuite pour donner la perspective financière mondiale d’une banque centrale pour 12 pays. François Charrière, Conseiller senior pour GroupEuro et associé de la firme de conseil Accenture a enchaîné sur l’internationalisation de l’Euro.

L’entrepreneurship concret et fiable québécois a pris la voix de Marcel Côté, Président de Secor Europe et personnalité reconnue du monde canadien pour avoir non seulement fondé le cabinet Secor à Montréal mais avoir été ministre. C’est la causerie de Marcel Côté, économiste de formation, qui a le plus éclairé les femmes d’affaires québécoises intéressées par investir les marchés européens. L’An I de l’Euro est une source prolifique d’opportunités d’affaires pour les entreprises québécoises. Secor, dont le siège est à Montréal, a ouvert ses bureaux à Paris : en 3 ans, 40% de ses revenus mais aussi de ses profits sont maintenant les mandats européens, principalement en France et en Italie. Avoir une place d’affaires en Europe vous permet de profiter d’un observatoire privilégié des entreprises du Vieux Continent.

«La conversion à l’euro a été foudroyante, dit Marcel CÔTÉ. On pense en Euros et on développe en Europe un sentiment d’économie intégrée. Les entreprises veulent d’abord et avant tout « s’européaniser » et démontre une attitude nouvelle dans la mise en place de structures à la dimension européenne» De nouvelles stratégies vers l’unification des marchés européens font baisser l’engouement ancien pour les Américains. Non seulement, l’ organisation européenne fait des économies d’échelle mais elle crée des partenariats et des réseaux. Elle développe des programmes de formation de gestionnaires européens – par exemple, les Directions Marketing ou Ressources Humaines pour toute l’Europe se multiplient. – et l’anglais devient la langue d’usage en affaires pour dépasser les barrières linguistiques.

OUI, les femmes d’affaires ont une opportunité réelle de croissance et de succès avec les marchés européens. L’Europe est actuellement complètement ouverte au changement, lui rendant la flexibilité qui lui manquait par rapport au mode de fonctionnement nord-américain. Si les professionnelles, entrepreneures, femmes chefs d’entreprises peuvent proposer des expertises pour moderniser, adapter, intégrer »si elles peuvent offrir quelque chose qui va permettre aux organisations de devenir plus européennes, alors foncez, conseille Marcel Côté.
Et ne misez pas sur les avantages fiscaux qui n’influent pas vraiment sur votre indice de réussite. Bien sûr, sachez que les frais et charges sociales afférant au personnel sont 3 fois plus élevées en France qu’au Québec par exemple. Vous avez tout intérêt à expatrier du personnel québécois rémunéré en dollars canadien Dans n’importe quelle ville importante d’Allemagne, de France, d’Espagne ou d’Italie ouvrez un bureau Europe. Et le tour est joué.

Dernier conseil cependant : attention à ne pas vous comporter comme une employeure québécoise avec les employés français ou italiens. Les rouages, les cultures, les mécanismes invisibles d’influence ne sont pas du tout les mêmes.

J’ai eu l’occasion de construire une formation sur les différences culturelles et leurs conséquences sur les affaires et sur les employés ainsi qu’avec les médias pour SNC Lavalin, le plus important groupe canadien d’ ingénierie mondiale. Le programme visait à former et préparer le personnel québécois à une tournée européenne, incluait des grilles comparatives sur les usages, les coutumes, les valeurs et même les mots qui différaient en Suisse, en Belgique, en France (incluant la Région parisienne et la Province) et en Grande-Bretagne. La livraison du programme se doublait de l’ édition d’un répertoire complet de contacts d’affaires et de presse par pays accompagné du mode d’emploi et des évaluations d’influences par personnalités clés). NN
Voilà un exemple d’un mandat accompagnant une entreprise dans son développement européen. Les femmes d’affaires québécoises sont audacieuses et ouvertes. Ne leur reste plus qu’à utiliser l’Euro comme une nouvelle opportunité de réussir ….

par Nadia NADÈGE pour l’Annuaire au Féminin et L’Observatoire des Publications d’Entreprises au Québec – première publication en novembre 2002 http://www.annuaire-au-feminin.net/QUEBECetEURO.html